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Les sondages sur la langue bretonne : combien de locuteurs ? |
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Parler breton au XXIe siècle : les chiffres-clés |
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Ce sondage sur la langue bretonne est le cinquième effectué par TMO Régions en près de vingt ans et dont j'ai analysé et publié les résultats :
Les modalités du nouveau sondage Comme ceux de 1990 et de 1997, le nouveau sondage a été mis en œuvre avec un triple objectif :
Ce nouveau sondage a été réalisé entre le 3 et le 19 décembre 2007. L'innovation principale qui le caractérise est qu'il a été effectué non seulement en Basse-Bretagne, mais également en Haute-Bretagne. Ce sont donc les 4 départements de la région Bretagne qui ont été sondés, ainsi que la Loire-Atlantique. Deux conditions devaient être réunies à cet effet : l'une était d'ordre méthodologique, l'autre d'ordre budgétaire. Il est évident que la réalisation d'une telle enquête sur les 5 départements de la Bretagne historique nécessitait un budget plus important qu'une enquête limitée au seul territoire de la Basse-Bretagne. Les moyens ont pu être réunis grâce au concours des collectivités territoriales :
Il a aussi fallu arrêter des protocoles d'enquête différents en fonction de la zone concernée :
L'ensemble du territoire breton a fait l'objet d'un découpage en 7 zones d'enquêtes. Une typologie des communes a été mise au point entre communes rurales, communes littorales et unités urbaines (ces dernières en fonction de leur taille : moins de 20 000 habitants, de 20 000 à 199 999 habitants et 200 000 habitants et plus). Au total, l'enquête a été menée dans 114 communes différentes de Basse-Bretagne et dans 132 communes de Haute-Bretagne (Loire-Atlantique comprise). Au sein de chaque zone d'enquête, ont été sélectionnées aléatoirement jusqu'à 8 communes de chaque type (sauf pour les communes littorales du Finistère, où il en a été sélectionné jusqu'à 18). Des quotas portant sur le sexe, l'âge, l'activité professionnelle et le type de communes des personnes interrogées ont été imposés au sein de chaque zone d'enquête. Une pondération selon la structure réelle de ces données a été calculée afin de s'assurer de la représentativité réelle de l'échantillon selon ces critères. La passation du questionnaire a été téléphonique. Un questionnaire court avait été rédigé à l'intention des personnes qui déclaraient ne pas parler le breton. Il était plus long pour celles qui déclaraient le parler. Deux ou trois autres points restent à préciser.
Quelques chiffres-clés Comprenez-vous le breton ?
Parlez-vous le breton ?
L'âge des bretonnants On observe une baisse du pourcentage de locuteurs dans chaque tranche d'âges, sauf pour les plus jeunes et pour les plus âgés.
Cependant, il y a 10 fois moins de bretonnants aujourd'hui parmi les plus jeunes que parmi les plus âgés : les 15-40 ans sont au nombre de 12 000, quand les plus de 60 ans sont 120 000. Les locuteurs de 15 à 59 ans ne représentent que 30 % des bretonnants en Basse-Bretagne (soit 52 000 locuteurs au total). Les deux autres tranches d'âges réunies, soit la totalité des plus de 60 ans, rassemblent aujourd'hui 70 % des bretonnants : ce taux équivaut à une population de 120 000 locuteurs. Cependant, les 15-19 ans sont la seule tranche d'âges dans laquelle on observe une légère augmentation du nombre de locuteurs : alors que le taux était inférieur à 1 % en 1997, il est remonté à 4 % aujourd'hui. Les 20-39 ans sont peu nombreux à savoir le breton : mais un tiers des jeunes parents bretonnants s'adresse en breton à leurs enfants.
L'évolution démographique
Pour la première fois, il y a largement moins de 200 000 bretonnants en Basse-Bretagne. Les bretonnants étaient 20 % il y a dix ans : en pourcentage, la diminution est donc de 7 points. En Basse-Bretagne, la population estimée était de 246 000 locuteurs en 1997 : la diminution est donc de 30 %. La diminution du nombre de locuteurs est-elle due à un effet d'âge ou à un effet d'augmentation de la population ? Les 2/3 des bretonnants avaient plus de 60 ans en 1997 : le déclin du nombre de locuteurs entre 1997 et 2007 était largement inscrit dans la pyramide des âges des locuteurs de 1997. 83 000 locuteurs de 1997 sont décédés en 2007. L'arrivée de 9 000 jeunes locuteurs est donc très insuffisante pour combler ces décès.
La pratique du breton
La pratique occasionnelle reste prédominante : près de 35 000 locuteurs parlent le breton tous les jours, et il sont aussi nombreux à le parler souvent. Mais ceux qui le parlent quotidiennement sont la moitié moins nombreux à le faire qu'il y a dix ans : ils étaient 68 000 en 1997. A l'inverse, le pourcentage de ceux qui ne le parlent plus du tout a doublé : il est désormais de 11 %.
Le profil des bretonnants Le profil-type du bretonnant au début du XXIe siècle contraste fortement par rapport à l'image véhiculée aujourd'hui par les médias, qui reflète le dynamisme des bretonnants impliqués dans la promotion de leur langue ou dans le développement d'activités diverses en langue bretonne.
Quel breton ? Aucune enquête ne permettait jusqu'à présent de mesurer l'importance respective des différents parlers ou "dialectes" bretons. Les locuteurs s'identifient bien à leur parler :
Opinions sur la langue En Basse-Bretagne, 56% des personnes interrogées sont très attachés ou assez attachés à la langue bretonne, alors qu'ils étaient 69 % en 1997. Ce sont les plus de 40 ans qui affichent le plus fortement leur intérêt pour la langue bretonne. Les 15-19 ans, par contre, ne lui témoignent qu'un assez faible intérêt : seuls 33 % déclarent y être très ou assez attachés. Les bretonnants sont beaucoup plus persuadés que les non-locuteurs de l'intérêt de savoir le breton.Sur les cinq départements, 44 % des habitants estiment que c'est indispensable ou utile. Le plus grand nombre considère que ça présente peu d'intérêt.
Le prestige du breton en Bretagne historique :
Pour autant, ceux qui considèrent qu'il faut conserver le breton sont 89% en Basse-Bretagne et 87% en Haute-Bretagne. Mais il y a un décalage important entre le souhaitable et le possible : en Basse-Bretagne, 67% croient qu'il sera possible de conserver le breton.
Quelle vitalité ? Comment caractériser désormais la langue bretonne ? Ce qui est certain, c'est qu'elle n'est pas aujourd'hui un moyen de communication comme le sont le plus souvent les autres langues. Elle l'a été, jusqu'au milieu du XXe siècle : elle ne l'est plus tout à fait. Il n'est pour ainsi dire plus la langue du foyer : 14 % le parlent toujours ou souvent avec leur conjoint. Il est encore moins celle du travail : 2% l'utilisent toujours ou souvent entre employeurs et salariés. Il est assez peu la langue des relations formelles (mairie…). L'usage concret du breton par les locuteurs eux-mêmes est en régression dans la plupart des registres. Il faut donc bien se poser la question : peut-on parler de vitalité pour ce qui est de la langue bretonne ?
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© Fañch Broudic 2002 - 2009 |
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