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Sociolinguistique 1

Pour une écologie des langues du monde

CALVET (Louis-Jean). - Pour une écologie des langues du monde. – Paris : Plon, 1999. – 304 p.

Il est quatre ou cinq fois question de langue bretonne dans cet ouvrage de L.J. Calvet :

- P. 12, dès son introduction, ayant précisé que "même si aux yeux du linguiste toutes les langues se valent, les plus parlées comme celles qui sont en train de disparaître, […], les langues du monde sont fondamentalement inégales", il illustre son propos en en affirmant "qu'un discours qui présenterait comme socialement équivalents l'anglais et le breton, le français et le bobo, serait à la fois irréaliste et idéologique". Difficile à contredire.
- P. 55-56, pour faire comprendre comment l'anglais s'impose en Australie – on y parlait 250 langues en 1788, moins de 50 aujourd'hui, et 90% des Aborigènes parlent anglais - il explique que "le français a joué le même rôle face au breton ou à l'occitan et joue le même rôle en Afrique face aux langues locales". Simple constat.
- P. 170, après avoir distingué entre pratiques et représentations linguistiques, il propose de calculer pour chaque langue trois types de sécurité ou d'insécurité : statutaire, identitaire et formelle, ce qui lui permet de huit situations différentes. Le breton lui fournit son cas n° 7 : "sécurité identitaire et statutaire, insécurité formelle", qu'il présente ainsi : "les locuteurs pensent mal parler la langue de leur communauté qu'ils considèrent comme prestigieuse. Ce serait le cas d'un Breton qui pense que le breton, langue de sa communauté, est prestigieuse, mais considère qu'il la parle mal". Juste, mais ne résume pas toute la question des langues en (Basse)-Bretagne.
- P. 222, Calvet indique que "l'action sur la fonction identitaire des langues est également à prendre en compte dans l'évolution des situations". Il prend en France l'exemple de l'occitan ou du breton, dont les défenseurs "créent une demande artificielle", qu'il analyse comme "une tentative de modifier les besoins linguistiques de la société pour compenser l'absence de fonctions sociales de la langue". Mais pour lui, une telle "intervention volontariste […] ne suffit pas", si les conditions d'émergence de nouvelles fonctions de la langue ne sont pas réunies. Tout à fait pertinent.
- P. 225, il évoque les bouleversements linguistiques intervenus lors de la guerre 14-18. Ils sont de deux ordres. Celui de la pratique, des recrues d'origines et de langues différentes se retrouvant dans l'obligation de communiquer entre elles par le moyen du français. Celui de la représentation, le français étant désormais vécu, pour les Bretons par exemple, comme étant la langue de la nation. Sur le premier point, l'analyse mériterait d'être affinée.

Ceci étant, qu'est-ce que l'écologie linguistique ? Il ne s'agit pas ici de prendre le terme "écologie" dans son sens courant. Il ne s'agit pas non plus de "protection des langues en péril", et à cet égard l'auteur semble revenir quelque peu sur les concepts de "guerre des langues" ou de "glottophagie" qu'il avait développés dans de précédents ouvrages, en soulignant à juste titre que ce sont pas les langues qui se font la guerre, mais que "ce sont les pratiques des locuteurs qui s'affrontent ou qui font que d'autres langues disparaissent".

Pour Calvet, l'écologie linguistique consiste à étudier "les rapports entre les langues elles-mêmes, puis entre les langues et la société", et son ambition est de construire un modèle théorique dépassant l'opposition qu'il considère comme "artificielle" entre linguistique et sociolinguistique. De ce point de vue, l'essai ne manque pas d'intérêt, d'autant que nombre d'exemples et d'études de cas concrets sont proposés. Le chapitre sur "la galaxie des langues" distingue ainsi

  • une langue hyper-centrale (de niveau 1),
  • une dizaine de langues super-centrales (de niveau 2),
  • 100 à 200 langues centrales (de niveau 3)
  • et les langues périphériques, au nombre de 4 à 5 000 (de niveau 4).

Il n'est pas surprenant que trois chapitres entiers abordent la question du "changement" de langue, selon un modèle homéostatique (comment rendre compte de la régulation des situations linguistiques et des langues), un modèle de représentations et un modèle de transmission. Il est certainement dommage que Calvet n'ait pas connaissance du modèle de répartition fonctionnelle des usages de langues entre registre paritaire et registre disparitaire de la parole tel qu'il a été proposé par Le Dû-Le Berre, et qui aurait incontestablement représenté un plus dans son approche globale de la question.

Tous ceux qui s'intéressent aux questions de langues, et singulièrement au devenir d'une langue comme le breton, devraient prendre le temps de lire le dernier Calvet.

 

Langues régionales ou minoritaires

SIBILLE (Jean). – Les langues régionales. – Paris : Flammarion, 2000. – 128 p. (Coll. Dominos).

Comme tous les ouvrages de la collection "Dominos", celui-ci est divisé en deux parties. Un exposé d'environ 80 pages présente un historique et la situation actuelle des langues régionales. Un essai de 25 pages évoque les enjeux politiques et idéologiques de la question. Le glossaire et la bibliographie détaillée peuvent être bien utiles au lecteur.

L'auteur, Jean Sibille, est occitan. Il n'adopte le terme de "langue régionale" que par commodité de langage. L'état des lieux est nécessairement rapide, mais des repères très concrets sont fournis pour chacune des langues de France métropolitaine - donc aussi pour le breton - et pour celles d'outre-mer. J. Sibille fait le point sur le cadre législatif et réglementaire qui régit l'enseignement de ces langues – y compris sur les effectifs - ainsi que sur les différents modes d'enseignement. Il procède de même à l'égard de l'audio-visuel. Mais on doit noter ici quelques lacunes, concernant notamment les émissions en breton de France Bleu Breiz-Izel (ex-RBO) ou celles diffusées par les radios associatives (bilingues ou totalement en breton). Contrairement à ce qu'écrit l'auteur, le CNC (Centre national du cinéma) soutient bien la production de films en langue bretonne.

L'analyse historique aurait gagné à être moins schématique. Il n'est guère fait appel par ailleurs à la sociolinguistique pour analyser les situations de diglossie ni les usages différenciés de langues selon les registres ou les situations. Un bretonnant, par exemple, ne parle généralement plus le breton en tout lieu ni en toutes circonstances. Par contre, sur un plan plus politique, J. Sibille conteste vivement que la revendication régionaliste soit "potentiellement récupérable par l'extrême-droite".

En réalité, tout le livre est un plaidoyer en faveur des langues régionales, selon l'argumentaire le plus courant de ceux qui en prennent aujourd'hui la défense. Même si elles "ne sont plus d'usage quotidien pour l'ensemble de la société", il faut, insiste J. Sibille, répondre à la demande sociale et en encourager l'utilisation comme langues de culture et comme moyens de création contemporains. Il est donc bien conscient des évolutions qui sont à l'œuvre depuis plus ou moins longtemps selon les régions concernées. Alors qu'il est tant question en ce début de XXIe siècle de "la mort des langues", il demande que, pour éviter les dérives identitaires, on donne aux langues de France "les moyens de leur survie ainsi qu'un espace social nécessaire à leur développement".

 

POCHE (Bernard). – Les langues minoritaires en Europe. – Presses Universitaires de Grenoble, 2000. – 191 p. – (Coll. Transeurope).

Vue de Bretagne, la parution à Grenoble d'un tel livre consacré aux langues minoritaires en Europe est plutôt inattendue. C'est bien le signe que l'on se trouve en présence d'un problème de société qu'on ne peut escamoter. Bernard Poche, chercheur CNRS, propose ici une véritable réflexion critique sur un sujet dont il précise d'emblée qu'il lui apparaît comme "particulièrement confus". Pour y voir plus clair, l'auteur, qui est sociologue, commence par poser en principe qu'une langue est "par nature un phénomène social directement lié au vécu". Et sur cette base, il élabore une grille d'analyse aussi simple que rigoureuse en termes de "langue-langage" et de "langue-code". De quoi s'agit-il ?

La première expression s'applique à la langue "comme mode de l'expression courante d'un ensemble de personnes" : c'est la langue "parlée dans la vie de tous les jours par un groupe de personnes que l'on peut circonscrire approximativement dans l'espace". La seconde est "un système linguistique ayant (en principe) pour vocation à être utilisé pour des usages formalisés". Alors que la langue-langage apparaît à B. Poche comme une "langue-sens du monde" et comme "la plus nécessaire d'un point de vue sociétal", la langue-code lui semble être un "instrument de communication utilitaire à forme et à contenu restreints", mais qui en vient à "s'imposer de manière autoritaire aux populations concernées". Ces définitions se rapprochent d'une certaine manière de celles avancées en différents travaux récents de sociolinguistique.

Or, en appliquant cette grille de lecture sinon à toutes, du moins à un grand nombre de langues considérées comme "minoritaires" aujourd'hui en Europe – et le breton, dont il est question à plusieurs reprises dans le livre, en fait partie - B. Poche se demande si on n'en parle pas aujourd'hui comme si elles étaient partout aussi parlées qu'il y a cinquante ans. Il a tout à fait l'impression que ces langues dont on parle tant "n'ont plus de réalité que symbolique" et que l'on est tout simplement en présence de… "sujets-fantômes". Il établit dès lors une différence d'approche entre la loi Deixonne de 1951, qui visait à réintégrer la diversité des langages dans les pratiques scolaires, et la Charte européenne sur les langues minoritaires de 1992, dont "l'ambiguïté" lui paraît manifeste. La Charte a certes été rédigée pour des populations qui - aujourd'hui - ne peuvent utiliser que difficilement la langue officielle de l'Etat, mais s'en réclament aussi des groupes qui pourraient se situer dans la même position à condition, selon l'auteur, "d'annuler de façon un peu mythique l'évolution telle qu'ils l'ont vécue ces dernières décennies".

Autrement dit, cette Charte, aux yeux de B. Poche, arrive un demi-siècle trop tard, d'autant plus qu'elle vise à "redresser" la position de langues telles que le breton ou l'occitan sur la base de leur version normée. Or, il n'y a selon lui "aucune raison" pour que les locuteurs qui s'expriment dans une langue locale ou régionale non-étatique, et qui ont aussi désormais à leur disposition la langue de l'Etat, en viennent à adopter pour leur vie de tous les jours une nouvelle langue "moyenne".

Le raisonnement se veut pragmatique. Il paraît implacable. Du moins doit-il à ce titre retenir l'attention. L'auteur affirme avoir écrit "sans préjugés" et "sans intention polémique": il n'en fera pas moins hurler les militants. Même le rapport Poignant ne trouve pas grâce à ses yeux. Les seules données qu'il trouve "lucides", quoique "trop cartésiennes", sont les enquêtes du type de celle effectuée par TMO en 1997 en Basse-Bretagne.

Que restera-t-il donc aux langues minoritaires ? Pour B. Poche, elles ne pourront le plus souvent devenir "des langues officielles de substitution" ni même coexister avec la langue de l'Etat central. Le seul mode d'exercice spécifique qui leur resterait serait la littérature, ou bien le passage au stade de la consommation de jouissance, à la manière du patrimoine. Les seules langues dont il envisage le maintien sont le catalan, le tyrolien, le gallois, le néerlandais et le danois, plus quelques autres (comme le basque ou le vénitien) "dans de petites niches".

"A côté, bien sûr, tout le monde parlerait l'anglais et selon le cas, le français, l'allemand…". Et ce sont ces dernières qui deviendraient "les vraies langues minoritaires". Exit le breton, comme langue-langage en tout cas.

La sociologie serait-elle cruelle ?

 

Mondialisation linguistique

SONNTAG (Selma K.). - The Local Politics of Global English. Case Studies in Linguistic Globalisation. - Lanham : Lexington Books, 2003. - 152 p.

Alors que, d'après l'UNESCO, la moitié des langues du monde pourraient disparaître "in the not-so-distant future", l'anglais est partout perçu comme la langue de la mondialisation. Mais il se trouve que l'anglais est lui-même souvent promu dans le cadre de batailles politiques locales.

Ce livre propose cinq études de cas, dont celui de la France, ou plus exactement celui de la Bretagne. Le titre du chapitre breton de S. Sonntag est :

"Language Politics in France, or How Do You Say "Junk Food" in Breton ?"

Saviez-vous que "junk food", c'est la "malbouffe" en français ? Et comment le dit-on breton ? Selon l'un des informateurs de S.K. Sonntag, ce serait "boued-lastez" !

 

Un atlas des langues du monde

BRETON (Roland). - Atlas des langues du monde. Une pluralité fragile / Préface de Joshua A. Fishman. Cartographie : Krystyna Mazoyer. - Paris : Autrement, 2003. - 80 p. cartes.

Ce petit livre est passionnant, et ce n'est pas sans raison que Joshua Fishman, l'un des plus éminents spécialistes de sociolinguistique, se montre enthousiaste : cet atlas, écrit-il dans sa préface,

"offre à la communauté universitaire dans son entier et aux amoureux des cartes et des langues à travers le monde un véritable travail de beauté, de recherches rigoureuses et d'amour".

Couverture du livre "Atlas des langues du monde"Ce n'était pourtant pas un projet facile. Il fallait d'abord savoir combien de langues parle-t-on dans le monde. Or les estimations ont varié dans le temps, et elles diffèrent d'un spécialiste à l'autre (6 784 pour les uns, 4 994 pour les autres…). Elles sont aussi fonction de la définition du mot "langue" : "s'applique-t-il à toute forme de parler, ou est-il réservé à certains d'entre eux ?". Le chinois, par exemple, est considéré comme "la" langue de la Chine, alors que dans le sud du pays, des parlers officiellement qualifiés de dialectes sont, aux yeux des linguistes, de véritables langues non intelligibles entre elles, et que parlent des millions de locuteurs.

De plus, selon l'observation de J. Fishman, "les langues n'occupent aucun espace" : ce sont les locuteurs (ou les institutions qui les représentent) qui le font. Mais par ailleurs, les données démographiques ne sont ni toujours fiables, ni stables. Les usages aussi sont variables, en situation de plurilinguisme, en fonction des individus et des événements, selon les niveaux de maîtrise de la langue…

Nombre de locuteurs par langue

Nombre de langues dans la catégorie

Population totale de la catégorie

les communautés majeures

plus de 100 millions

12

3 milliards (soit la moitié de la population du monde)

les grandes communautés

entre 10 et 100 millions

environ 60

2,5 milliards de locuteurs

les communautés moyennes

entre 5 et 10 millions

environ 50

300 millions de personnes

les petites langues

moins de 5 millions

plus de 5 000

200 millions de personnes

DONT : celles qui ont moins de 10 000 locuteurs

3 250

R. Breton, géographe et auteur déjà de plusieurs ouvrages sur la question, ne pouvait évidemment présenter dans un tel petit livre chacune des langues du monde. Il s'intéresse donc au "poids" de celles - pas plus d'une "petite centaine" - qui jouissent du statut de langue officielle dans un ou plusieurs Etats. Il représente la diffusion des langues internationales que sont l'anglais et le français, mais aussi l'arabe, le portugais ou le néerlandais. Il propose des cartes de la répartition des locuteurs en communautés.

R. Breton propose bien d'autres représentations des langues minoritaires, des langues émergentes (en Afrique par exemple), des langues maternelles et secondes, sur l'enseignement des langues, etc… Il décrit "la diversité linguistique" dans les différents continents ou sous-continents du monde. Si, pour une raison de proximité, nous connaissons plous ou moins bien celle de l'Europe, nous ne soupçonnons généralement pas ce que peuvent être celles du monde arabe, du monde indien, de l'Amérique du Sud ou de l'Océanie, le record en la matière étant détenu par la Nouvelle-Guinée avec plus de 1 000 langues…

Représentation graphique des langues européennesLe breton n'est pas du tout oublié dans cet atlas : il figure sur un tableau et sur cinq cartes différentes, dont l'une, dédiée, représentant les limites des dialectes actuels et le recul qu'a subi la frontière linguistique depuis le IXe siècle (avec un tracé sans doute prématuré pour le vannetais sud-est au XIXe siècle, cependant).

Il se retrouve dans la moyenne des langues européennes, puisque Roland Breton explique que dans les 40 pays d'Europe (Russie exclue), survivent une centaine de langues, parlées en moyenne par 250 000 locuteurs.

Mais ce que les représentations graphiques ne peuvent pas aisément décrire dans un tel atlas, c'est le devenir incertain de la plus grande partie des langues du monde. Le commentaire y supplée dans ce cas et explicite le sous-titre du livre - "une pluralité fragile". Alors que quelques langues vont gagner en nombre de locuteurs, R. Breton, analysant "le très inégal développement des langues" et redoutant "une disparition générale et croissante des langues vivantes, sans équivalent dans l'histoire de l'humanité", propose sur ce sujet la catégorisation suivante :

- en dessous de 10 000 locuteurs, les langues sont "déjà moribondes"
- entre 10 000 et 100 000 locuteurs, elles sont "immédiatement menacées"
- entre 100 000 et 1 000 000 de locuteurs, elles sont "en situation précaire".

R. Breton s'interroge bien entendu sur ce qui pourrait empêcher tant de langues de s'étioler ou de disparaître. Le constat qui est le sien n'incite pas à l'optimisme : selon lui,

"la loi du marché semble appelée à régir seule les options linguistiques individuelles ou communautaires…"

Le nombre de données synthétisées dans cet atlas, y compris sur le plan historique, est impressionnant. Le commentaire est toujours précis et concis. Des bulles reproduisent des citations qui interpellent le lecteur. Conçu comme un travail de géographie sur la répartition spatiale des langues, mais faisant appel aux différentes disciplines de la linguistique, le livre propose bien entendu des cartes, mais aussi des graphiques et des anamorphoses. L'ensemble, en quadrichromie cela va de soi, est d'un visuel très agréable. Il intéressera évidemment les spécialistes. Mais tous ceux qui se posent la moindre question sur les langues y trouveront un intérêt.

 

Une encyclopédie des langues d'Europe

Encyclopedia of the Languages of Europe / edited by Glanville Price. – Oxford : Blackwell, 2001. – XVII-499 p.

Ce livre se présente comme un guide de référence de toutes les langues européennes : près de 300 langues ou familles de langues y sont effectivement répertoriées, et c'est bien ce qui fait son intérêt.

Couverture du livre "Languages of Europe"La tâche n'était pas aisée, et Glanville Price, professeur émérite de l'Université du Pays de Galles à Aberystwyth qui a dirrigé la publication de l'ouvrage, expose dans sa préface les difficultés auxquelles il a été confronté.

Il n'est pas si facile, en premier lieu, de définir les limites de "l'Europe" : dans cet ouvrage elle s'étend jusqu'à l'Oural et la Mer Caspienne et inclut donc le russe et les langues du Caucase.

Il est encore moins aisé, selon G. Price, de proposer une définition non contestable de "what is a language ?" : qu'est-ce qu'une langue ? Comme il ne peut y avoir de réponse unique à une telle question, les auteurs ont adopté une démarche "pragmatique", en dépit des controverses possibles : il n'ont ainsi pas rédigé d'entrée spécifique pour l'allemand parlé en Autriche ni pour le valencien considéré comme du catalan; mais ils ont différencié le gascon de l'occitan. Les différents parlers d'Italie sont pris en compte globalement mais font l'objet d'un traitement spécifique.

La particularité de cette encyclopédie est de répertorier non seulement les langues vivantes, mais aussi celles qui ont disparu, comme l'étrusque ou le gaulois par exemple. L'ouvrage fournit donc un panorama général, sinon exhaustif, des langues européennes. Celles de l'immigration sont elles aussi prises en compte, à juste titre, mais pour trois Etats seulement (France, Grande-Bretagne et Pays-Bas) : s'il n'était guère possible de présenter toutes les langues de l'immigration, ce choix éditorial conduit cependant à ne pas référencer le turc et le kurde pourtant parlé par d'importantes communautés en Allemagne.

Il est vrai que, selon la présentation qu'en fait Glanville Price, il s'agit d'une encyclopédie des langues, et non des communautés linguistiques, et c'est ainsi que les langues artificielles et le langage des signes sont également référencés. Pour chaque langue, sont fournies des données sur ses origines, son histoire et sa situation actuelle : linguistique et sociolinguistique sont donc mises ici à contribution pour décrire aussi bien les premières mentions relatives à la langue que son usage littéraire, l'orthographe, les situations de contacts, le statut… Quelques références bibliographiques, d'ouvrages en anglais assz souvent, sont également fournies.

Les notices ont été rédigées par une soixantaine de spécialistes. Celle concernant la langue bretonne (pages 35-40, avec une carte) est l'œuvre de Humphrey Lloyd Humphreys, de l'Université de Lampeter au Pays de Galles, dont on connaît la thèse sur le parler breton de Bothoa. L'auteur fait le point sur les controverses qui ont marqué les études concernant les origines de la langue et présente les différentes périodes de l'histoire du breton, quelques données statistiques, le contexte social et politique… Dans sa conclusion, H.L. Humphreys estime que

"l'opinion publique et les autorités aux différents niveaux n'ont probablement jamais été aussi favorables qu'aujourd'hui [à l'égard du breton], mais semblent cependant se contenter d'une reconnaissance purement symbolique".

Pour ceux qui connaissent bien la situation du breton (comme celle de n'importe quelle autre langue par ailleurs), les notices d'une encyclopédie comme celle-ci paraîtront peut-être succinctes. Mais son intérêt est précisément d'offrir au non-spécialiste d'une langue donnée les informations de base qu'il recherche. Avec le risque qu'il ne puisse y trouver le dernier état de la recherche : l'ouvrage, ayant été édité en 1998 et réimprimé en 2001, ne prend pas en compte, par exemple, les résultats du dernier recensement en France. Or des données sont désormais disponibles, pour la première fois, sur les usages de langues en France.

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