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Retour sur l'expo : "Parlons /du/ breton !"

Présentation

Pendant trois ans, une exposition "Parlons /du/ breton !" a circulé en Bretagne. Après avoir été créée en décembre 2001 au Musée de Bretagne à Rennes, elle a été installée dans chacun des départements de la région. Elle avait été initialement organisée dans le cadre de "2001 - Année Européenne des Langues".

Depuis 1957, c'était la première grande exposition organisée sur la langue bretonne. Cette année-là, avait eu lieu à Quimper une exposition dont le titre avait été "Brud ar brezoneg".

"Parlons /du/ breton !" avait été dès le départ un projet mobilisateur, associant un grand nombre de partenaires en vue de sa mise en œuvre. Il a bénéficié du concours financier de l'Etat et de collectivités territoriales, ainsi que du partenariat de plusieurs autres structures.

A partir d'une idée originale de Fañch Broudic, l'exposition avait été mise en œuvre par l'association "Buhez". Cette association, dont l'adresse est située 20, quai Emile Zola, 35000 Rennes, regroupe depuis 1978 les conservateurs des musées et écomusées de Bretagne, qui œuvrent dans les domaines de l'histoire, de l'ethnologie, de l'archéologie et du patrimoine scientifique et technique. A travers ses activités, "Buhez" poursuit un double objectif :

  • valoriser le patrimoine régional, qu'il soit monumental, ethnographique ou bien qu'il revête uen forme immatérielle comme les sonorités d'une langue
  • sonder la société bretonne dans l'originalité de son passé et de son présent.

Cette page propose :

  • un bilan de l'exposition
  • les réactions des visiteurs
  • un rappel des modalités de la mise en œuvre du projet
  • une présentation du catalogue et le CD audio de l'expo, toujours disponibles et qui restent des documents de référence pour qui s'intéresse à la langue bretonne et à son devenir.

 

Exposer une langue : l'exemple du breton

  • Le bilan de l'exposition "Parlons /du/ breton ! Petra nevez g'ar brezhoneg ?" a été présenté à Nice, à l'occasion d'un colloque organisé par Henri Giordan, sur "Les langues de l'Europe et de la Méditerranée", en mars 2005. Peu d'expositions ont jusqu'à présent été consacrées aux langues, mais des projets existent : Fañch Broudic y avait été invité pour présenter "l'exemple du breton".

Les expositions sur les langues sont rares. On ne peut cependant ignorer la vaste exposition-spectacle : "Tu parles !? Le français dans tous ses états", présentée dans le cadre des festivités de l'an 2000 dans quatre grandes villes du monde francophone : Lyon, Bruxelles, Dakar et Québec.

"Parlons /du/ breton !" fut assurément une exposition moins prestigieuse, et elle n'a surtout pas bénéficié d'autant de moyens. L'objet de cette communication est d'en présenter la génèse, d'en décrire la mise en œuvre, et d'en proposer in fine un bilan.

 

La genèse

Il est certain que depuis une vingtaine d'années, la recherche concernant la langue bretonne, même si l'on peut toujours considérer qu'elle aurait pu ou dû se développer encore davantage, a fait des avancées considérables. Les acquis sont significatifs dans toutes les disciplines, que ce soit la linguistique, la sociolinguistique, l'histoire ou la littérature. L'état de la recherche permettait de livrer un bilan, approfondissant nos connaissances linguistiques, précisant notre perception historique et donnant la pleine mesure de l'expression de langue bretonne. Il était dès lors souhaitable que tous ces acquis soient exposés plus largement au public.

Personnellement, j'ai consacré ma thèse, soutenue en 1993, à une étude diachronique de la pratique du breton, de l'Ancien Régime à nos jours. Cette recherche visait, en premier lieu, à déterminer le nombre de personnes qui, à différentes dates, ont su le breton, et combien le savent toujours aujourd'hui, puis à définir une chronologie. Dès lors, il devenait possible de répertorier les différents facteurs qui sont intervenus pour transformer la pratique du breton depuis deux siècles, mais aussi les causes qui, en dernière analyse, peuvent faire comprendre pourquoi et comment, dans cet espace de temps, la langue régionale a dû céder devant la langue nationale.

Mais si j'ai voulu comprendre pourquoi le breton se parle de moins en moins, en même temps qu'il suscite d'ailleurs un regain d'intérêt considérable, c'est aussi en raison de mon activité professionnelle. Je suis en effet journaliste bilingue dans le cadre du service public de l'audio-visuel, autrement dit à France 3, où je me suis toujours impliqué dans la fabrication et la réalisation des émissions en langue bretonne, que ce soit les rendez-vous d'information ou les émissions de l'antenne.

Or, il est difficile d'assurer la visibilité d'une langue régionale comme le breton. Alors que celle du français va de soi (puisqu'il est la langue de la politique, de l'administration, de l'enseignement, des médias, etc…), on peut de fait parcourir toute la Bretagne et même la Basse-Bretagne sans entendre un mot de breton. Un journaliste québécois séjournant cet été en Bretagne me demandait : mais où donc peut-on entendre parler breton ? Bien sûr, le développement symbolique d'une signalétique routière bilingue (que certains élus approuvent parce que c'est l'exotisme assuré pour les visiteurs de la région), la toponymie, certaines enseignes commerciales, les noms de bateaux ou de résidences, l'emploi sur des affiches ou dans la presse d'expressions désormais courantes comme "fest-noz", etc…, attestent de l'usage dans cette région d'une autre langue que le français.

Mais comme la presse de langue bretonne est aujourd'hui très peu diffusée (aucun périodique ne dépassant le millier d'abonnés), ce sont finalement la radio et encore plus la télévision qui témoignent le plus fortement de l'usage de cette langue. Ce ne sont pas seulement des professionnels qui s'y expriment, mais les locuteurs eux-mêmes, et tout un chacun se rend ainsi compte que la pratique du breton, discrète bien souvent, concerne finalement beaucoup de monde. La télévision surtout a pour intérêt de donner à voir des gens s'exprimant en cette autre langue qui diffère de la langue nationale.

Les langues se parlent, s'entendent et s'écrivent donc. Elles s'étudient et se décrivent aussi : on peut en parler ou écrire à leur sujet, parfois de manière extrêmement complexe. Mais on pense rarement à les "montrer" ou à les illustrer. C'est surtout vrai pour une langue régionale, en raison de la moindre visibilité que nous avons repérée. Certes, les phénomènes de langue ne sont pas aisément transposables en images, mais de réelles possibilités existent. J'étais convaincu qu'on peut rassembler, à propos du breton, une documentation iconographique directe et indirecte, abondante et diversifiée. Dans le prolongement de ce constat, il m'a semblé intéressant de faire paraître une "Histoire de la langue bretonne", présentant à destination du grand public l'essentiel de ce qu'il convient de savoir sur cette langue, un digest en quelque sorte. Le livre ne fait que 64 pages, mais compte un très grand nombre d'illustrations en couleurs (cartes, reproduction de tableaux, photos anciennes et récentes…).

Je sais bien par ailleurs combien la langue bretonne est une question sensible en Bretagne et qu'elle suscite des prises de position, allant jusqu'à donner lieu à des manifestations parfois importantes (comme celle qui a réuni 12 000 personnes à Rennes en mars 2003). En dehors de l'été, la presse l'évoque de manière récurrente. Les problèmes relatifs à l'enseignement du breton sont constamment dans l'actualité. Il y a un réel intérêt pour cette langue dont on dit parfois qu'elle pourrait disparaître. Il y a simultanément le besoin de comprendre les évolutions en cours.

Enfin, je voyais venir 2001, dont l'Union Européenne et le Conseil de l'Europe avaient proposé qu'elle soit "année européenne des langues". Je savais qu'il y avait déjà eu, dans les années 1950, une exposition, "Brud ar brezoneg" (la rénommée du breton) à Quimper d'abord, puis à Rennes, jusqu'alors la seule exposition d'une certaine ampleur sur le langue bretonne. Pourquoi ne pas renouveller l'expérience, d'autant que sur le plan muséographique les concepts et les méthodes ont également beaucoup évolué au cours de la seconde moitié du XXe siècle ? Pourquoi ne pas initier pour 2001 un projet de grande exposition sur la langue bretonne ? L'idée, à nouveau, était de présenter cette langue à un large public, aussi bien aux locuteurs qu'à ceux qui ne le sont pas. Il ne s'agissait évidemment pas de tout dire ni sur la grammaire ni sur les œuvres de tous les écrivains bretons. Le but serait plutôt de ne rapporter que les faits les plus importants, les noms les plus marquants et les tendances significatives, en focalisant sur ce qu'il est indispensable de savoir à propos de la langue bretonne dans les différents domaines.

 

La mise en œuvre du projet

A en juger par les réactions qu'il provoquait, ce projet d'exposition sur la langue breotnne était assurément perçu comme une belle idée, suscitant l'adhésion de tous mes interlocuteurs et souvent leur enthousiasme. Mais si je me doutais bien qu'il fallait réunir un certain nombre de moyens pour faire aboutir le projet, je découvrais surtout rapidement que je n'avais pas l'expertise pour le faire.

La solution s'est rapidement imposée de faire appel à "Buhez". Cette association regroupe depuis 1978 les conservateurs des musées et écomusées de Bretagne, qui œuvrent dans les domaines de l'histoire, de l'ethnologie, de l'archéologie et du patrimoine scientifique et technique. A travers ses activités, "Buhez" poursuit un double objectif :

  • - valoriser le patrimoine régional, qu'il soit monumental, ethnographique ou bien qu'il revête une forme immatérielle comme les sonorités d'une langue
  • - sonder la société bretonne dans l'originalité de son passé et de son présent.

"Buhez" avait déjà organisé plusieurs expositions itinérantes qui ont toutes été remarquées en leur temps, sur le mariage en Bretagne, les Bretons et Dieu, Quand les Bretons passent à table, etc… Elle a, depuis, mis en place une nouvelle exposition en forme de bilan sur les découvertes de l'archéologie sous-marine dans l'ouest de la France. Alors que les délais étaient très serrés - à peine plus d'une année ! - les responsables de "Buhez", et notamment son Président, Eric Morin, relèvent le défi et valident le projet "langue bretonne".

Il était acquis, dès le départ, que ce serait une exposition d'envergure s'adressant à un large public. Elle devait mettre en scène des documents anciens rares, des objets, des affiches et des ouvrages, des bandes-son et des documents audio-visuels variés. Elle prendrait appui sur les recherches les plus récentes et enfin ferait ressortir les grandes questions relatives au breton.

Tout naturellement, il est créé un comité scientifique. Composé de 7 membres, il comprend des chercheurs et universitaires, issus des deux universités où existe un département de celtique (Brest et Rennes), et des conservateurs de musées. Ce comité s'est réuni fréquemment pour discuter du projet, en élaborer le contenu, en définir les axes. Il s'est associé très vite le concours de deux muséographes. Deux chargées de mission ont par ailleurs été recrutées. La coordination a été assurée dans le cadre d'un comité de pilotage, également composé de 7 membres.

"Parlons /du/ breton !" a été dès le départ un projet mobilisateur, et il a associé un grand nombre de partenaires en vue de sa mise en œuvre. Le premier à s'engager et à donner une réponse positive fut un mécène, en l'occurrence une grande banque régionale (le Crédit Mutuel de Bretagne). Le projet a bénéficié du concours financier de l'Etat, par l'intermédiaire de la Direction régionale des Affaires Culturelles (DRAC) de Bretagne, et de celui des collectivités territoriales : Région Bretagne, départements du Finistère, des Côtes d'Armor et du Morbihan, et Rennes-Métropole. Plusieurs autres structures se sont impliquées, mettant leurs ressources à disposition :

  • - universitaires, notamment le Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC) à Brest
  • - muséographiques : en premier lieu le Musée de Bretagne à Rennes, et de nombreux autres musées de la région et hors de la région
  • - des médias : France 3 Ouest, la presse quotidienne régionale (Ouest-France, Le Télégramme)
  • - l'INA-Atlantique, la Cinémathèque de Bretagne, les bibliothèques et les archives des différents départements, etc…

Le budget total réuni pour mener à bien le projet a été relativement important, puisqu'il s'est élevé à 305 000 euros.

Très vite, se sont cependant posés différents types de problèmes, et il a fallu procéder à des choix. Le premier concernait la délimitation du projet, trop ambitieux sur plusieurs points. Il avait par exemple été suggéré que des mini-expositions locales thématiques accompagnent l'exposition centrale, lui servant simultanément de relais : compte tenu des délais et des moyens, seule l'exposition principale a vu le jour. Des projets de site internet, qui auraient accompagné l'exposition, ont également dû être abandonnés.

Trouver un lieu d'accueil a été relativement difficile. Il existe en réalité assez peu de salles adéquates et d'une surface suffisante dans la région. Celles qui l'étaient avaient déjà prévu leur programmation et n'étaient pas disponibles à la date initialement prévue. D'autres lieux plus ou moins prestigieux paraisssaient intéressants, mais ne disposaient pas des équipements ou de la configuration requis, ce qui risquait d'augmenter considérablement le coût. C'est finalement au Musée de Bretagne à Rennes qu'a été assurée la première installation. Cette localisation avait pour inconvénient de démarrer en dehors de la Basse-Bretagne (la partie occidentale de la région, correspondant à la zone de pratique habituelle de la langue), mais représentait l'intérêt de se situer dans la capitale de la Bretagne.

Diverses attentes se sont exacerbées par rapport au projet. Certaines structures ont regretté de ne pas en avoir la maîtrise, pour n'en avoir pas pris l'initiative. D'autres, dans la mouvance militante, ont exprimé des réticences, voire des oppositions, comme si des chercheurs et des universitaires n'avaient pas la compétence et la capacité de concevoir et mener à bien un projet pluridisciplinaire de cette nature sur une langue qui concerne toute la Bretagne. Une certaine presse partisane a mis en cause et critiqué le projet sans même le connaître, puisqu'il en était toujours au stade de l'élaboration. Mais dans l'ensemble, l'idée a été perçue positivement comme étant l'opportunité de faire le point et de proposer un état des lieux de la langue bretonne et des enjeux qui l'entourent.

Des questions de pouvoir et de territoire se sont posées. En ce qui concerne le partenariat avec la presse écrite, par exemple, les deux quotidiens régionaux de Bretagne se retrouvaient en concurrence à la recherche d'une exclusivité, alors que leurs zones de diffusion diffèrent. Pour ce qui est des collectivités territoriales, il était important de savoir à quelle hauteur chacune pourrait intervenir dans le financement. Or, à ce moment, le Conseil Général du Finistère (le seul département entièrement bretonnant) et le Conseil Régional de Bretagne n'étaient pas de la même majorité. Au bout du compte, toutes les collectivités sollicitées se sont impliquées, donnant à l'équipe de "Buhez" les possibilités concrètes de travailler.

L'ensemble du projet, tel qu'il a finalement abouti, a comporté quatre volets :

  • - une exposition itinérante de 250 m2, présentant des sons originaux, des documents imprimés, des documents audio-visuels et des objets incontournables
  • - un catalogue de 192 pages, réunissant les contributions de 21 auteurs
  • - un cédé audio, proposant une histoire sonore de la langue bretonne
  • - des animations, sur chaque lieu d'exposition : conférences, débats, projections de films, visites guidées…

 

L'exposition

Elle offrait aux visiteurs plusieurs espaces successifs :

  • 1. Un panorama des différentes formes d'expression en breton à travers les siècles. Confrontation avec les usages au quotidien, marqués notamment par les fortes mutations du 20e siècle, et plus particulièrement l'effondrement de la pratique sociale de la langue au cours de la seconde moitié de ce siècle. Cette double présentation permettait d'éclairer la vitalité actuelle du breton et de son expression (médias, littérature…).
  • 2. Une découverte ludique de la langue et de ses principales caractéristiques, tant au niveau du vocabulaire que de la grammaire ou de la syntaxe, autrement dit de son système linguistique. Evocation des origines de la langue, mais aussi de ses variations spatiales et sociales.
  • 3. Une exposition-débat sur les rapports du breton avec les pouvoirs (et ceci dans le temps, en partant des points historiques qui sont considérés comme ayant eu une influence décisive sur le devenir de la langue, à savoir l'Edit de Villers-Côtterets, la Révolution française, etc…) et sur le thème de l'avenir du breton. Il s'agissait, sur ce dernier point, de présenter les contributions des acteurs sollicités par "Buhez", eu égard à leur engagement en faveur de la langue bretonne (Etat, collectivités territoriales, associations culturelles, médias, maisons d'édition…) : 22 personnes présentaient ainsi leur point de vue sur l'avenir du breton (en français ou en breton sous-titré).

Que dire d'autre sur cette exposition, si ce n'est faire état de quelques repères, de quelques trouvailles ou de quelques soucis ? Elle a bien évidemment été conçue comme un parcours, dont la progression avait été étudiée de manière à proposer une véritable découverte de la langue. La réflexion était suscitée, d'autre part, par la mise en perspective de différents élements, soit dans le temps, soit dans l'espace. Concernant l'école, par exemple, l'exposition faisait état, bien entendu, de l'enseignement bilingue d'aujourd'hui. Mais comme l'école a la réputation d'avoir toujours "interdit" le breton, la présentation des débats du passé permettaient d'exposer la manière dont l'école (de même d'ailleurs que l'Eglise) a pris en compte la question de langue à différentes périodes.

Une attention particulère a été apportée à l'imprégnation sonore, tout au long de l'exposition. Puisque l'acte de communication passe (bien que non exclusivement) par la parole, il était absolument essentiel de faire entendre les sons de la langue, pour que les non-locuteurs en aient une perception, et pour que tous aient une idée des rythmes, des accents, des variations… Le son était donc omniprésent. A certains endroits, et notamment dès l'entrée, le visiteur ne pouvait l'éviter. A d'autres endroits, l'écoute était optionnelle, au moyens de casques mis à disposition : mais le visiteur devait aussi tendre l'oreille, par exemple pour écouter dans les troncs d'arbre d'une forêt symbolique les différentes versions d'un chant traditionnel réputé comme "Gouesperou ar raned" (Les vêpres des grenouilles). Il y a peut-être lieu de regretter, sur ce point, que l'exposition n'ait pu être déployée sur une surface plus grande, pour permettre une meilleure exploitation du son.

Il y a eu aussi des séquences émouvantes, par exemple celle du retour du manuscrit de Leyde. Il s'agit d'un traité de médecine du VIIIe siècle, considéré comme le plus ancien manuscrit breton. Il est en réalité rédigé en latin, mais comporte des gloses en breton. Ce manuscrit, aujourd'hui conservé à la bibliothèque de l'Université de Leyde aux Pays-Bas, a beaucoup voyagé au fil des siècles : c'est la première fois qu'il revenait en Bretagne, dans le cadre de l'exposition.

Il va de soi que les deux langues, breton et français, ont été utilisées pour les cartels et pour les drops, en tenant compte pour ce qui est du breton de la pluralité des orthographes en usage et sans rechercher un bilinguisme systématique.

Par ailleurs, la parole a été donnée aux locuteurs, dans le cadre d'une grande séquence de transition entre la partie proprement linguistique et la partie "débats". De belles photos en noir et blanc donnaient à découvrir des bretonnants d'aujourd'hui, dans la variété de leurs âges, de leurs professions, de leurs loisirs, etc… Leur relation à la langue était retranscrite sur les cartels dans les deux langues.

Les visiteurs enfin pouvaient intervenir eux-mêmes dans l'exposition, en notant leurs impressions sur un arbre à palabre et en consultant celles laissées par leurs prédécesseurs.

Sans vouloir tout rapporter, il faut encore signaler qu'étaient présentés les résultats d'un sondage exclusif réalisé par l'institut TMO-Régions pour le compte de l'association "Buhez" et de France 3 Ouest dans les cinq départements bretons, sur la perception des Bretons par rapport à leur langue régionale. Ce n'est pas ici le lieu de détailler l'ensemble de ces résultats (disponibles par ailleurs). Mais il n'est pas sans intérêt de noter que, de toute évidence, les représentations que se font les Bretons de leur langue propre sont multiples et varient selon les registres sur lesquels on se situe :

  • - Sur les questions de principe (maintenir le breton, "sauver" la langue…), il y a presque l'unanimité.
  • - Sur les modalités d'une glottopolitique (promotion de la langue, enseignement, signalétique bilingue…), il existe un réel consensus, avec des réticences nettement perceptibles.
  • - Mais c'est, fondamentalement, sur l'intérêt même qu'il y aurait à parler le breton que les réserves sont le plus manifeste : dans leur majorité, les Bretons ne se sentent pas personnellement concernés et ne ressentent pas le besoin de connaître la langue régionale. Seuls 2% estiment qu'il est "absolument indispensable" de savoir le breton en Bretagne (voir sur ce site la présentation des résultats complets de ce sondage : l'opinion des Bretons sur leur langue).

 

Le catalogue

Le catalogue "Parlons /du/ breton !", toujours disponible, n'a été conçu ni comme une exposition-bis ni comme le listing des objets exposés ou des thèmes abordés. En quelque sorte parallèle à l'exposition, il a été élaboré selon une logique propre. Divisé en trois grandes parties, il comprend des articles de fond (dont quelques-uns ont été rédigés en breton, avec un résumé en français) et des portraits, les premiers ayant été rédigés par des chercheurs et des spécialistes, les seconds par des journalistes.

Les thèmes suivants ont donné lieu à des contributions :

  • - Hier, aujourd'hui, demain : le breton est-il une langue en danger ? Religion et langue bretonne. La langue bretonne et les pouvoirs. La construction des identités. L'école…
  • - S'exprimer : qu'est-ce que la littérature en breton ? Le breton tel qu'on le chante. L'édition, la radio et la télévision…
  • - Sur la langue : qu'est-ce qu'une langue ? D'où vient le breton ? Les espaces du breton. Questions de terminologie…

Ce sont les éditions Ouest-France qui ont pris en charge l'édition du catalogue. Au total, 27 articles différents, rédigés avec le concours de 21 auteurs, faisaient le point sur tout ce qui concerne le breton. C'est la première fois que paraît un tel ouvrage de synthèse sur la langue bretonne. C'est sans doute aussi la première fois que paraît sur la langue bretonne un ouvrage avec une aussi abondante iconographie : l'ensemble réunit en effet un total de 290 photos et 26 cartes, le plus souvent en couleurs.

 

Le cédé audio

Le catalogue "Parlons /du/ breton !" est accompagné d'un CD audio qui se présente comme une véritable histoire sonore de la langue bretonne. Une langue propage et fait entendre ses murmures, ses sonorités, ses intonations et sa musicalité… Il était donc logique de donner cette langue à entendre. Le cédé propose dialogues, chants et discours, sur une durée totale d'enregistrement de 46'57".

On peut ainsi entendre sur le CD

  • - des voix célèbres s'exprimer en breton (Charles de Gaulle, Jean-Paul II…)
  • - des voix peu connues (comme celle de l'écrivain Roparz Hemon)
  • - le plus ancien enregistrement en breton (la chanteuse Marc'harid Fuluip, sur rouleau de cire)
  • - le breton de la mer ou celui des enfants
  • - les variétés dialectales, le breton pour rire ou pour prier, le breton sur scène et au cinéma, etc…

Grâce au CD audio, l'auditeur francophone tout comme l'auditeur bretonnant peuvent se lancer avec curiosité dans l'exploration de cet univers sonore créé à leur intention…

 

Des émissions TV et un DVD sur la langue bretonne au XXe siècle

Parallèlement à l'exposition, et toujours en rapport avec "2001, année européenne des langues", la Direction de l'Antenne et le Service des Emissions en langue bretonne de France 3 Ouest ont pris l'initiative de lancer la production d'une série documentaire sur l'histoire de la langue bretonne au cours du XXe siècle. Cette série, réalisée par Pierrick Guinard, a donné lieu à une co-production entre le diffuseur (France 3 Ouest), la société "13 Production" et la Cinémathèque de Bretagne.

Il s'est agi en réalité d'une double série, puisqu'ont été produites deux versions, l'une en français et l'autre en breton. L'ensemble représente donc 5 films de 52' en langue bretonne et autant en langue française. Ces films ont tous été diffusés sur l'antenne de France 3 Ouest. Un condensé de 52' a été diffusé sur l'antenne nationale.

Pour la réalisation, P. Guinard s'est appuyé sur les travaux de sociolinguistique et d'histoire existants. Il a enregistré les témoignages et les points de vue, contradictoires, de plusieurs dizaines de participants. Il a fait appel aux archives anciennes et récentes. La série a été séquencée en cinq périodes :

  • - celle où tout le monde parle breton
  • - le français s'installe
  • - le basculement
  • - l'écroulement
  • - parler breton demain.

Le breton est sans doute, de ce fait, l'une des seules langues régionales en Europe à bénéficier d'un tel traitement audio-visuel. C'est la raison pour laquelle, après la diffusion antenne, et en raison aussi de l'intérêt qu'elle avait suscité, "Brezhoneg : un siècle de breton" a donné lieu à l'édition d'un coffret DVD réunissant les 10 heures de la série, aux éditions Doriane-films. Cette édition a pu se faire grâce au concours financier de la Région Bretagne.

 

Le bilan

L'exposition a circulé pendant trois ans en Bretagne. Après avoir été créée en décembre 2001 au Musée de Bretagne à Rennes, elle a été installée en 7 lieux différents, dans chacun des départements de la Région Bretagne :

  • Rennes, Musée de Bretagne : 14 décembre 2001 - 29 avril 2002
  • Hanvec (Menez-Meur), Parc d'Armorique : juin - août 2002
  • Le Relecq-Kerhuon, Crédit Mutuel de Bretagne : 6 septembre - 29 octobre 2002
  • Mellac, Manoir de Kernault : 17 janvier - 4 mai 2003
  • Douarnenez, Musée du Bateau : 17 mai - octobre 2003
  • Vannes, Musée de la Cohue : 5 décembre 2003 - 29 février 2004
  • Saint-Brieuc, Musée d'art et d'histoire : 20 mars - 16 mai 2004.

Pour ce qui est de la fréquentation, "Parlons /du/ breton !" a attiré plus de 50 000 visiteurs, qui se répartissent entre :

  • - 11 912 visiteurs comptés
  • - 42 772 visiteurs évalués.

Pour être tout à fait gratifiants, ces chiffres auraient sans doute pu être plus élevés. La plupart des médias ont bien relaté l'événement, à l'occasion de chaque instalaltion. Mais il est probable que la notoriété de l'exposition a souffert de l'absence d'un réel budget "communication", faute de moyens disponibles. D'autres facteurs plus locaux (l'extrême discrétion de certains périodiques "bretons", des allusions au soi-disant "enfermement" de la langue bretonne dans un musée…) ont également pu avoir une incidence en termes d'image. Pour autant, les critiques eux-mêmes ont présenté l'exposition comme "ambitieuse", proposant "un état des lieux de la langue bretonne", affichant "un parti muséographique qui se veut attrayant", accompagné d'un "catalogue richement illustré"…

Les réactions des visiteurs sur l'arbre à palabre témoignent également de leur perception (voir plus loin sur cette page).

Cela valait donc la peine d'initier, malgré les difficultés inhérentes à un tel projet, cette réalisation pour la langue bretonne. J'y aurai découvert, personnellement, le monde bien vivant de la muséographie et approché une écriture dont je ne soupçonnais pas tous les enjeux. Cela prouve aussi que des expositions et des réalisations similaires doivent être possibles concernant d'autres langues, même si ce sont des langues de moindre diffusion. Et dans le cas du breton, que d'autres initiatives aussi pertinentes pourraient être prises dans le prolongement de cette première aventure.

Fañch Broudic

Bibliographie

  • Association Buhez. - Parlons du breton ! - Rennes : Ouest-France, 2001. - 192 p., ill.
  • Broudic (Fañch). - La pratique du breton de l'Ancien Régime à nos jours. - Presses Universitaires de Rennes, 1995. - 490 p.
  • Broudic (Fañch). - Histoire de la langue bretonne. - Rennes : Ouest-France, 1999. - 64 p., ill.
  • Guinard (Pierrick). - Brezhoneg. Un siècle de breton / série documentaire présentée par France 3 Ouest et 13 Production. - Paris : Doriane Films, s.d. - Coffret DVD.
  • Tu parles !? Le français dans tous ses états / Proposé par B. Cerquiglini [et alia]. - Flammarion, 2000, 415 p.

Contacts :

Association "Buhez" : Eric Morin, Musée de Bretagne, quai Emile Zola, 35000 Rennes.

 

 

Quelques réactions de visiteurs

 

  • Ah comme j'ai bien fait de venir
  • C'était trop bien, j'ai trouvé ça intéressant, on apprend vraiment, j'aimerais faire du breton
  • Trugarez vraz pour cette belle exposition
  • Expo enrichissante
  • Merci tout était beau
  • Je vous remercie pour cette très belle exposition
  • Très ludique, qui permet de mieux connaître les origines de cette langue
  • Expo très stimulante
  • Expo très bien faite avec plein de choses à voir et à écrire
  • Cela doit être super de parler breton
  • J'espère que cette langue vivra longtemps
  • Je sais pas encore très bien parler breton, mais je reviendrai pour continuer son apprentissage
  • Cettre expo donne envie d'apprendre le Breton
  • Comment apprendre une langue sans pouvoir faire de séjours lingustiques en immersion
  • Il reste encore à trouver une place pour le breton au quotidien
  • Le breton n'est pas nécessaire dans la vie de tous les jours, mais il manquerait à ma culture comme une main à mon corps s'il venait à disparaître
  • Mat eo, cool eo, fiskal eo
  • Ar brezoneg en eur muze ?!
  • Roet c'hoant d'an dud da gomz ha da zeski brezoneg
  • Ha pa vefe staliet an diskouezadeg en eur mirdi, n'eo ket or yez traou koz ha poultrenneg
  • Arabad laoskel ze en eur mirdi, pa vez poaniuz ha stard da gaoud arhant evid ar skoliou publik ha da gaoud mistri skol pêet mad; Eur vez evid ar stad.

 

La réalisation du projet

Idée originale : Fañch Broudic, journaliste et chercheur

Organisation : Association "Buhez"

Comitré Scientifique :

  • Fañch Broudic, journaliste et chercheur, membre associé du CRBC (Centre de Recherche Bretonne et Celtique), Brest.
  • Ronan Calvez, Centre de Recherche bretonne et Celtique, Université de Bretagne Occidentale
  • Alain Croix, Université de Rennes 2 Haute-Bretagne
  • Francis Favereau, Université de Rennes 2 Haute-Bretagne
  • Patrick Jourdan, Musée des Jacobins, Morlaix
  • Eric Morin, Président de "Buhez", Musée de Bretagne, Rennes
  • Bernard Tanguy, Centre de Recherche Bretonne et Celtique, Université de Bretagne Occidentale

Chargés de mission :

  • Isabelle Lenen
  • Soizic Robineau
  • Iwan Wmfre

Muséographie :

  • Christian Baudu
  • et Jean-Pierre Baudu (Agence Fouet' Cocher)

Affiche : Samuel Buffel

Edition du catalogue : Editions Ouest-France

Partenaires ayant apporté leur concours au développement du projet :

  • Etat : Direction régionale des Affaires Culturelles (DRAC) de Bretagne
  • Conseil Régional de Bretagne
  • Conseil Général du Finistère
  • Conseil Général des Côtes d'Armor
  • Conseil Général du Morbihan
  • Rennes-Métropole
  • Crédit Mutuel de Bretagne

Autres partenaires :

  • Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC)
  • INA Atlantique
  • France Bleu Breiz-Izel
  • France 3 Ouest

 

Le catalogue de l'exposition

Association Buhez. - Parlons du breton ! Petra nevez g'ar brezhoneg ? - Rennes : Editions Ouest-France, 2001. - 192 p., ill..

C'est la première fois que paraît un tel ouvrage de synthèse sur la langue bretonne, avec :

  • - 27 articles différents faisant le point sur tout ce qui concerne le breton
  • - le concours de 22 auteurs
  • - un ensemble unique de 290 photos et 26 cartes (le plus souvent en couleurs).

Les langues tiennent chaud au cœur. Elles passionnent même !

Aujourd'hui, de nombreux bretonnants disent avoir "du breton plein la tête". Ils s'expriment dans cette langue, en éprouvent du plaisir et aiment partager leur bonheur.

Le breton a toujours su conserver sa visibilité. Majoritairement parlé en Basse-Bretagne jusqu'à peu, il a pourtant subi de profondes mutations au cours du 20e siècle : son usage a considérablement régressé. Depuis la Seconde Guerre Mondiale, le nombre de locuteurs a diminué de 80%. Malgré tout, les chiffres ne peuvent être tenus pour négligeables : environ 240 000 personnes parlent actuellement le breton, soit 16% de la population de Basse-Bretagne, soit encore 8,5% de la population de la Région bretagne.

S'il reste toujours lié à la Basse-Bretagne, le breton peut aussi s'écouter, se parler ou s'apprendre en divers autres lieux. Plus qu'à la maison peut-être, le breton se pratique dans des lieux de sociabilité comme les fêtes et l'école. Les classes bilingues d'enseignement par immersion qui se développent au rythme de 10 à 15% témoignent des choix en faveur du breton.

Rejoignant les attentes du public, nombre de chercheurs ont consacré leurs études au breton. En quelques décennies, la recherche s'est faite foisonnante et diverse tant en histoire qu'en linguistique, en littérature qu'en sociolinguistique. Elle permet aujourd'hui de livrer un bilan qui approfondit nos connaissances linguistiques, qui précise notre perception historique et qui donne la pleine mesure de l'expression de langue bretonne.

Cette recherche profondément renouvellée permet d'aborder plus facilement la question de l'avenir du breton. Sa transmission est une interrogation centrale : comment surmonter la coupure entre les générations et comment réapprendre le breton aux jeunes ? Son rayonnement est également à repenser en permanence : quels usages de la langue saura-t-on privilégier ?

 

Table des matières

Le catalogue est divisé en trois grandes parties. Il comprend des articles de fond et des portraits. Trois des articles sont rédigés en breton (accompagnés d'un résumé en français).

Eric Morin : Préface

Hier, aujourd'hui, demain

  • Fañch Broudic : Le breton, langue en danger ?
  • Boris Thiolay : Portrait : André Le Berre
  • Michel Lagrée : Religion et langue bretonne
  • Yves Le Berre : La langue bretonne et les pouvoirs
  • Hugues Pentecouteau : Langue renouvelée et construction des identités
  • Lionel Buannic : Portrait : Fatiha Folgalvez
  • Fañch Broudic : Ar skol hag ar brezoneg : a-eneb hag… a-du [L'école et la langue bretonne : contre… et pour]
  • Erwan Evenou : Pédagogie et enseignement

S'exprimer

  • Ronan Calvez : Qu'est-ce que la littérature en breton ?
  • Francis Favereau : Lennegezh a-vremañ ar brezhoneg [La littérature contemporaine en breton]
  • Daniel Giraudon : Formulettes rimées en langue bretonne
  • Yann-Ber Piriou : Ar c'hoariva [Le théâtre]
  • Arnaud Maisonneuve : Le breton tel qu'on le chante
  • Christine Brulé : Portrait : Eva Guillorel
  • Fañch Broudic : L'édition de langue bretonne
  • Ronan Calvez : La radio et la télévision en langue bretonne
  • Danièle Belbahri : Portrait : Guillaume Roué

Sur la langue

  • Steve Hewitt : Qu'est-ce qu'une langue ?
  • Bernard Tanguy : D'où vient le breton ?
  • Bernard Tanguy : Breton et toponymie
  • Jean Le Dû : Les espaces du breton
  • Lukian Kergoat : Terminologie bretonne et norme : de l'emprunt à la néologie
  • Fañch Morvannou, Andrew Lincoln : Le breton demain ?
  •  
  • Fañch Broudic : Guide pratique
  • Bibliographie
  • Jean-Yves Veillard : Commentaires accompagnant l'iconographie

Le catalogue est toujours en vente dans toutes les bonnes librairies, ainsi qu'au Musée de Bretagne, à Rennes.

 

Le CD audio

Le catalogue "Parlons /du/ breton !" est accompagné d'un CD audio qui se présente comme une véritable histoire sonore de la langue bretonne.

Il propose dialogues, chants et discours, d'une durée totale de 46'57".

Une langue propage et fait entendre ses murmures, ses sonorités, ses intonations et sa musicalité…

Sommaire

L'auditeur francophone tout comme l'auditeur bretonnant peuvent se lancer avec curiosité dans l'exploration de cet univers sonore créé à leur intention…

Appel à la danse

Breton des voix / Brezhoneg ar mouezhioù :

  • Charles de Gaulle
  • Jean-Paul II
  • Roparz Hemon
  • Glenmor
  • Alan Stivell

Breton de terrain / Brezhoneg war an dachenn

  • Marc'harid Fulup interprète "Gousperou ar raned" en 1900
  • Le breton de Batz-sur-Mer
  • Collectage à Melrand

Breton des champs / Brezhoneg ar maesioù

  • Olole
  • Imitation du chant des oiseaux
  • Ar falc'herien

Breton de la mer / Brezhoneg ar mor

  • Gwerz Penmarc'h
  • Les noms de rochers
  • Sonenn er vartoloded

Breton de pays / Brezhoneg ar broioù

  • Les principaux dialectes
  • Ar wreg deut komandant : conte du léon collecté par G. Milin, lu à plusieurs voix

Breton des enfants / Brezhoneg ar vugale

  • A la maternelle
  • Cours de musique
  • An inkane
  • Baby-sitting

Breton pour rire / Brezhoneg evit c'hoarzhin

  • Komzoù galleg d'al loened
  • Biskoaz m'eus c'hoarzet kemend-all
  • War eun dachenn fobal

Breton pour prier / Brezhoneg evit pediñ

  • Pardon de Notre-Dame du Folgoët
  • Sermon par Biel Elies
  • Ar Basion Vras

Breton en scène / Brezhoneg war al leurenn

  • Veillée du Trégor
  • Fest-noz à Poullaouen
  • Bal plin
  • Avanturio citoien Jean Conan
  • Cinéma : Chanson d'Armor

 

Générique du CD audio :

  • Production : Buhez 2001
  • Conception : Fañch Broudic, Isabelle Lenen, Eric Morin, Soizic Robineau
  • Chargée de réalisation : Soizic Robineau
  • Ingénieur du son : Bob Coke
  • Textes d'introduction : Jean-Yves Veillard
  • Lecture : Philippe Dragon, Anna Kere

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